Du coup, avec la réduction de moitié de la grand-voile et de la misaine, la traînée hydraulique provoquée par les deux grosses hélices quadripales de 1,20 mètre de diamètre et l'augmentation du fardage (salon de pont et dunette surélevés) ont lourdement obéré ses très bonnes capacités nautiques à la voile. Il a pratiquement perdu 2 nœuds de vitesse et ne remonte quasiment plus au vent ! En contrepartie, il peut naviguer par tous les temps et manœuvrer seul dans tous les ports du monde, ce qui correspond bien aux attentes de son nouveau propriétaire.
Le beaupré, en acier depuis son origine, a été aussi raccourci, ramenant le centre de poussée vélique vers l'arrière et le rendant un peu plus ardent. Du coup, avec le gréement qu'il possède de nos jours, il ne peut pas porter toute sa brigantine aux allures de près sans le déséquilibrer, ce qui limite aussi la puissance de son gréement. Cependant, dépasser les 60 mètres de longueur hors-tout pouvant avoir des conséquences financières importantes en termes de redevances portuaires, le rallongement de cet espar afin de porter un ou deux focs supplémentaires n'est pas envisageable.
Racheté en 1921 et rebaptisé Fantôme II par Sir Arthur Ernest Guinness, un membre de la famille de l'industriel et brasseur irlandais du même nom. À dater de cette époque, le Belem va beaucoup naviguer, effectuant de très longs voyages. Cependant, même s'il a fait le tour du monde par les canaux de Panama et de Suez, il n'a jamais passé le cap Horn. Ces voyages cesseront en 1939, à l'orée de la Seconde Guerre mondiale. Le Belem trouve alors refuge à l'île de Wight où il sera miraculeusement épargné par les bombardements mais son gréement subira de grosses avaries. Il servira de base à une unité des Forces navales françaises libres. La belle histoire entre le trois-mâts et Sir Ernest Guinness s'achèvera en 1949, à la mort de ce dernier. Il appareille en 1952 pour Venise où son nouvel acquéreur, la fondation Cini, en fait un navire-école. Il est rebaptisé une fois de plus : Giorgio Cini. Réarmé avec un dortoir dans l'entrepont, le gréement devient celui d'un trois-mâts goélette, plus facile à manœuvrer. En 1972, l'Arme des Carabiniers italienne le rachète pour le chiffre symbolique d'une lire italienne, car elle souhaite se doter d'un navire-école. Il est remotorisé avec 2 moteurs Fiat de 300 ch mais sa nouvelle carrière fut courte. Le manque d'entretien pendant les années de guerre ne lui ont pas laissé fière allure et, rapidement, il est jugé trop vétuste pour emmener des cadets en mer. Les chantiers navals de Venise le remettent plus ou moins en état de naviguer, le gréement est remonté comme à l'origine en trois-mâts barque (le grand mât reprend son phare carré). En 1976 et toujours pour une lire symbolique, les militaires cèdent le trois-mâts à un chantier vénitien qui, après une toilette sommaire, le propose à la vente.
Retour sous pavillon français C'est par hasard qu'un passionné de gréements traditionnels, le docteur Luc-Olivier Gosse, le retrouve. Grâce à une association (l'ASCANF), la Caisse d'épargne rachète le dernier grand voilier en acier français afin de le ramener dans son pays d'origine. Le 17 septembre 1979, le Belem arrive à Brest remorqué par un bâtiment de la Marine nationale, l'Éléphant. En 1980, le Belem est donné à la fondation Belem créée la même année (et reconnue depuis d'utilité publique). Afin de sensibiliser l'opinion et de récolter des fonds pour sa réhabilitation, il est amarré à Paris, près de la tour Eiffel et est en grande partie restauré à cet endroit. Son gréement a été remis en état dans le souci de respecter l'aspect d'origine. On lui reproche cependant son beaupré trop court. En 1984, le Belem est classé monument historique, moins de deux ans après l'autre grand voilier français, le Duchesse Anne qui, lui, ne navigue plus, et est amarré au port de Dunkerque. En 1986 , il effectue son voyage inaugural à New York à l'occasion du centenaire de la statue de la Liberté. Depuis, le Belem a entamé une nouvelle carrière de représentant de la marine à voile. Il prend à son bord des stagiaires de tous âges pour leur faire découvrir la navigation traditionnelle au moyen de stages de 2 à 10 jours. Outre l'équipage de 16 hommes (capitaine et cook compris) il peut emmener jusqu'à 48 stagiaires répartis en 4 groupes. Dans le cadre de la mission assignée à la Fondation Belem, il fait ainsi du cabotage le long des côtes françaises et européennes et quelques voyages en Atlantique grâce au mécénat du Groupe Caisse d'épargne qui soutient la fondation. Il participe aussi aux rassemblements internationaux de grands voiliers et est ouvert aux visites à l'occasion de certaines escales entre mars et octobre.
Caractéristiques Le Belem est un trois-mâts barque, c'est-à-dire qu'il a deux mâts gréés entièrement en voiles carrées (grand-mât et mât de misaine) et un mât gréé en voiles auriques (mât d'artimon à l'arrière). La surface totale des voiles carrées représente 576 m2 (58 %) et les voiles auriques : 424,5 m2 (42 %). Le Belem présente un bon équilibre, comme les trois-mâts barques entre les voiles optimales par vent arrière (voiles carrées) et les voiles optimales par vent latéral (voiles auriques).
Mat d'artimon (arrière) 3 voiles auriques : •Le flèche : 34 m2 (la voile haute) •La brigantine : 81 m2 (grande voile basse) •L'artimon de cape : 35 m2 (à la place de la brigantine)
Voiles d'étais entre le mât d'artimon et le grand-mât 3 voiles auriques : •Le diablotin : 26 m2 (au sommet) •La marquise : 29 m2 (au milieu) •Le foc d'artimon : 20 m2 (à la base)
Voiles d'étais entre le grand-mât et le mât de misaine 3 voiles auriques : •La voile d'étai de perroquet : 26 m2 (au sommet) •La voile d'étai de hune : 40 m2 (au milieu) •La grand-voile d'étai : 47 m2 (à la base)
Les Focs 3 voiles auriques : •Grand foc : 53,5 m2 (devant) •Faux foc : 31 m2 (au centre) •Petit foc : 36 m2 (derrière)
Propulsion, équipement Propulsion par 2 moteurs diesel Fiat-Iveco, 300 CV chacun, 1 600 tours/minutes à plein régime. Réducteurs-inverseurs : Masson 1/6. 2 lignes d’arbre, 2 hélices 4 pales. 3 groupes électrogênes (2 insonorisés + 1 secours). Réserves de gazole : 40 tonnes. Autonomie : 24 jours à 7 nœuds, soit environ 4 000 miles nautiques. Réserves d’eau douce : 20 tonnes. Production d’environ 3 tonnes/jour par osmoseur. Guindeau électrique. 3 cabestans hydrauliques (deux petits sur le pont, un de chaque bord, servant à hisser les vergues volantes, mais jamais utilisés lors des stages, un grand sur la dunette, devant le mât d’artimon, servant à raidir les aussières lors des manœuvres d’amarrage).
Mâture - Gréement Mâts en acier en 2 parties (bas mât, mât de hune). Hauteur du grand mât au-dessus de la flottaison : 34 m. Vergues basses en acier, vergues de perroquet et cacatois en bois. Environ 220 points de tournage des manœuvres courantes. Environ 250 poulies simples, doubles et triples. 4 500 m de manœuvres courantes en filin polyamide.
Mât de misaine (avant) 5 voiles carrés, phare à double huniers : •Le petit cacatois : 32 m m2 (la voile haute) •Le petit perroquet : 52 m2 •Le petit hunier volant : 45 m2 •Le petit hunier fixe : 52 m2 •La misaine ou voile de misaine : 80 m2 (plus grande voile à la base)
Grand-mât 5 voiles carrés, phare à double huniers : •Le grand cacatois : 29 m2 (la voile haute) •Le grand perroquet : 62 m2 •Le grand hunier volant : 51 m2 •Le grand hunier fixe : 61 m2 •La grand-voile : 112 m2 (plus grande voile à la base)
Caractéristiques du Belem dans son état actuel 534 tonneaux et 51 m de longueur. •Coque rivée (pour les parties anciennes), tout acier. •Tôles des fonds : 11 mm. •Lest en cale : 4 500 gueuzes de fonte de 50 kg chaque. •Longueur de coque sans beaupré : 51 m. •Longueur du beaupré : 7 m. •Longueur hors tout : 58 m. •Longueur à la flottaison : 48 m. •Largeur au maître bau: 8,80 m. •Tirant d’eau : 3,60 m. •Jauge brute : 534 tonneaux. •Déplacement : 750 tonnes. •Numéro Lloyd : 8622983
Performances Vitesse maximale au moteur par mer belle : 8 à 9 nœuds. Vitesse maximale sous voiles : 11 à 12 nœuds. Possibilité de remonter à 75° du vent. Durée d’établissement de toute la voilure par petit temps : 30 à 40 mn. Durée nécessaire pour serrer toute la voilure par petit temps : 50 à 60 mn. Durée d’un virement de bord complet : 15 à 20 mn selon le vent.
Album du magnifique 3 mâts.
texte source : wikipedia.org et 3mats.net
Lévêque Laurent contact@lejardindelolo.fr Copyright 2010 le jardin de lolo tous droits réservés.
Les débuts et le transport du cacao. Lancé le 10 juin 1896, seulement 7 mois après sa commande aux chantiers Dubigeon de Nantes par Fernand Crouan, de la Compagnie nantaise Denis Crouan et Fils spécialisée dans le transport du cacao pour le compte des chocolateries Menier, il est affecté à la flotte des « Antillais » et peut transporter jusqu'à 675 tonnes de fret. Son premier voyage, sous les ordres du capitaine Lemerle, surnommé « le merle noir », fut un demi-succès, un incendie à l'approche des côtes d'Amérique du Sud ayant détruit les 121 mules que le bateau transportait de Montevideo (Uruguay) à Belém (Brésil). Cela lui valut un retour précipité au chantier pour de lourdes réparations. Bon marcheur, ce voilier de petit tonnage, comparé à la flotte des voiliers cap-horniers de l'époque, n'effectuera pas moins de 33 campagnes jusqu'à sa retraite commerciale le 31 janvier 1914. Ces campagnes se feront principalement en direction de Belém, port situé sur la rive sud du bras méridional de l'embouchure du fleuve Amazone. Mais le Belem connaîtra bien d'autres destinations, telles que Montevideo en Uruguay, ou la Martinique aux Antilles d'où il échappera de peu à la colère de la montagne Pelée en 1902. En effet, l'entrée du port lui est refusée par manque de place, et il doit aller mouiller à l'autre bout de l'île, ce qui le sauvera. C'est d'ailleurs le Belem qui secourra les deux (ou trois) rescapés de la catastrophe. En 1907 et 1908, sa destination est la Guyane ; armé par Demange Frères il ravitaille Cayenne et son bagne. Ces voyages étant non rentables, il est cédé à la Société des Armateurs Coloniaux. L'équipage est alors composé de seulement 13 hommes dont les conditions de vie à bord sont rudes. En effet, il faut manier plus de 1 000 m2 de voiles. Le gréement est alors celui d'un trois-mâts barque, la brigantine triangulaire ne portant curieusement pas de vergue. Mâts et espars sont en bois, cordages en chanvre et voiles en coton.
Navire de plaisance puis navire-école L'expansion des bateaux à vapeur, plus fiables et plus réguliers pour la navigation commerciale, rend le Belem obsolète. Le 11 février 1914, il est racheté pour 3 000 livres sterling par le duc de Westminster à des fins de yachting. Le Belem entame une nouvelle vie en tant que luxueux navire de croisière. À cette époque, il est profondément transformé pour assurer le confort du propriétaire et de ses invités. La cale est transformée en cabines confortables et l'on peut accéder, par un escalier à double révolution, à un salon vitré, décoré en acajou de Cuba et monté sur le pont. Ceci imposera malheureusement que les basses voiles, très puissantes auparavant, soient retaillées. Les bas-mâts sont changés pour des tubes d'acier. On le dote aussi de 2 moteurs suédois Bollinder de 250 ch dont l'échappement se fait au travers du mât d'artimon, devenu creux.
Quelques clichés du trois-mâts barque.
Le Belem (1896) est le dernier trois-mâts barque français à coque acier, un des plus anciens trois-mâts en Europe en état de navigation et le second plus grand voilier restant en France. Construit à Nantes, utilisé notamment dans les Antilles, puis tour à tour anglais, italien puis à nouveau français, cet ancien voilier de charge, plusieurs fois transformé, motorisé et rebaptisé, pour divers usages (croisière de luxe et navire-école), fut finalement déniché par hasard à Venise dans un piteux état à la fin des années 1970, par un amateur nostalgique. Racheté grâce à l'appui d'une grande banque française qui finance la fondation qui entreprend sa restauration, il est aujourd'hui reconverti dans le cabotage, offre des stages d'initiation et de découverte aux passionnés, sert entre autres et accessoirement à la Marine nationale pour l'entraînement de ses mousses et apparaît dans les grands rassemblements de vieux gréements traditionnels. Le Belem fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le 27 février 1984.
facebook.com fondationbelem.com 3mats.net
accueil voyages week-ends mon jardin vacances fonds d'écran citation proverbe dicton du jour calendrier perpétuel météo thèmes Seven ppsToute personne se reconnaissant sur une photo et étant désireux que cette photo n’apparaisse plus sur mon site, me contacter : contact@lejardindelolo.fr
Dar Mlodziezy Artémis Atlantis Cisne Branco Commandant Filleau parcs et zoos Etoile du Roy Kruzensthern Marité Mir Mercedes Hms Blyth Loth Lorien Monge Tenacious Mutin Belem Shabab Oman Shtandart Belle Poule Jacques-Oudart Fourmentin Pogoria Stad Amsterdam Santa Maria Manuela Bir Anzarane Skjold Gulden Leeuw Tolkien Divers Ts Royalist accueil Rouen Urania Pen Duick Gotheborg Cuauhtemoc Pont Gustave-Flaubert Etoile de France Thalassa Falken Sagres Défilé Columbus Vues Générales Wylde Sawn Cathédrale Notre-Dame trekking