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En pratique : les tirs d’essai des missiles mer-sol balistiques stratégique sont effectués soit depuis un sous-marin en plongée au large de Quimper, soit depuis un pas de tir à terre sur le site de Biscarrosse de la DGA Essais de missiles (anciennement CEL, Centre d'essais des Landes). avant chaque tir, le Monge se positionne dans une zone « réceptacle » à proximité de l'endroit où retomberont les têtes après quinze à vingt minutes de vol du fait de la rotondité de la Terre, il sera le seul à observer le dernier tiers de la trajectoire jusqu'à l'impact en mer final de l'engin. deux axes de lancement sont utilisés depuis le golfe de Gascogne : l’un vers l'ouest, au large des États-Unis ; l’autre vers le sud-ouest en direction de la Guyane et du Brésil situé à plus de 6 000 km, (dans ce cas, le missile est tiré par un sous-marin positionné au sud de la pointe Bretagne). Une autre mission de ce bâtiment est la participation au réseau national de surveillance de l'espace. En particulier, le Monge travaille en liaison avec le CNES lorsqu'un débris spatial menace d'entrer en collision avec un satellite d'« intérêt national ». Ses radars lui permettent de mesurer précisément les trajectoires des objets gravitant autour de la Terre. En septembre 2011, un satellite de la NASA est rentré dans l'atmosphère. De par sa taille, il existait un risque que des débris spatiaux atteignent le sol. Le Monge a participé à la poursuite de ce satellite depuis le port de Brest, permettant au CNES et à la NASA de prédire avec plus de précision la zone d'impact. Il à permit également de suivre la trajectoire d'une clé à molette perdu par un astronaute de la station spatiale internationale.
Missions Basé à Brest, ses missions techniques principales sont : la trajectographie et l'observation radar et optique des missiles balistiques ou tactiques, la poursuite de satellites et, beaucoup plus rarement, la mise en œuvre ou la poursuite de cibles aériennes pour l'entraînement des forces. Son système de mesures, articulé autour de radars de poursuite spécifiques de très hautes performances (capables de trajectographie et d'analyse radar) ainsi que d'un ensemble de calculateurs temps réel performants, comprend également un système complet de réception et traitement de télémesures à haut débits, un module d'analyse météorologique (ballons, LIDAR et fusées sondes), un système de poursuite optronique et des équipements de télécommunications satellite. Il possède un mini hôpital doté notamment d'une salle d'opération, de réanimation, d'un appareillage de radioscopie complet pour les longues campagnes d'essai en mer. Il peut embarquer deux hélicoptères lourds. Pour sa mission principale , qui concerne « l'observation des essais en vol des missiles balistiques ou tactiques », le Monge apporte un soutien essentiel à la Direction technique de la Direction générale de l'Armement (DGA), et plus particulièrement au centre DGA Essais de missiles de Biscarrosse, qui assure la supervision de l'essai et auquel le BEM est opérationnellement rattaché pour l'essai.
Quelques spécificités du navire Un canal de stabilisation entre les réservoirs permet au navire d'avoir un roulis inférieur à 9° à faible vitesse dans une mer de force 6. Le Monge peut assurer des mesures dans une mer de force 5. Le navire est peint en blanc pour limiter au maximum la déformation de ses superstructures par dilatation différentielle sous l'effet de l'éclairement solaire, qui fausserait le parallélisme d'alignement très précis de ses capteurs. Sa longueur et son tonnage en ont longtemps fait le 3e plus gros navire de la Marine nationale après les 2 porte-avions Foch et Clemenceau. Outre leur successeur le Charles de Gaulle, il est maintenant dépassé en tonnage (mais pas en longueur) par les trois BPC de la classe Mistral. Son prédécesseur le BEM Henri Poincaré, plus petit, était un pétrolier civil racheté et modifié par la Marine ; l'amiral Philippe de Gaulle (fils du Général) en fut l'un des commandants. Historiquement, la France avait également installé une station à terre d'observation radar et télémesure sur l'île de Flores dans l'archipel portugais des Açores, station qui fut fermée en 1994.
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Système de communications par satellite SYRACUSE Inmarsat Radar de surveillance de l'espace aérien Thomson-CSF DRB V15 C (Sea Tiger Mk 2) en bande E/F Radar de navigation maritime 2 Racal Decca DRBN 34A en bande I Armement militaire 2 mitrailleuses de 12,7 mm d'auto-défense 2 canons de 20 mm F2 plate-forme pour hélicoptère de 650 m² hangar de 180 m² pouvant embarquer 2 hélicoptères moyens/lourds (anciennement Super Frelon, entre 2012 et 2016 Super Puma, depuis NHIndustries NH9010), dispose habituellement d'une Alouette III
Équipements du bâtiment Capteurs de poursuite et observation de missiles Depuis 2014 1 radar Normandie de trajectographie et analyse en bande L (NOuveau Radar du Monge pour ANalyse, Détection et Identification Électromagnétique); installé en 2009 par Thales, antenne de 14,4 m de diamètre, multicibles, 62 tonnes, portée de 4 000 km sur une SER de 1 m². 2 radars Armor de trajectographie et analyse en bande C, construit par Thomson-CSF, antenne de 10 mètres de diamètre pouvant suivre chaque trois cibles simultanément, 47 tonnes, 5 gigahertz de puissance, portée théorique de 6 000 km sur une Surface équivalente radar de 1 m². Anciens radars démontés en 2009 1 radar Savoie de trajectographie en bande P monopulse, provenant du Henri Poincaré, entré en service en 1974 et remplacé par le Normandie. D'un diamètre de 8 mètres, l'antenne parabolique permet de « photographier » un cortège balistique, puissance de crête 150 kW (puissance moyenne 23 kW), caractéristiques similaires aux radars de lutte antimissile. Portée de 400 km sur une SER de 1 m². Radar bi-statique Statrus en bande L conçu par l'ONERA, provenant du Henri Poincaré, entré en service en 1990. Possède deux antennes de 5 mètres de diamètre; l'un est un émetteur, l'autre un récepteur. Ancien radar démonté en 2014 1 radar Gascogne de trajectographie en bande C, provenant du Henri Poincaré, construit en 1980 par Thales, antenne de 4 m de diamètre; 62 tonnes, portée de 600 km sur une SER de 1 m². 6 aériens dont 5 antennes Antares de réception télémesure en bande I 1 tourelle de suivi optronique (capteurs visible et IR) 1 Lidar pouvant analyser jus'quà 120 km d'altitude et capacité de tir de fusées sonde (pour sondages atmosphériques à très haute altitude) « Cet ensemble de systèmes radars est le plus performant de la Marine et de la DGA9. » Ce navire embarque trois des quatre plus puissants radar d'Europe (hors Russie).
Budget Son coût initial, bâtiment et instrumentation, était de 3,6 milliards de francs français. En 2009, le programme de modernisation de l'instrumentation de mesure (y compris le nouveau radar d'analyse Normandie) est estimé à 150 millions d'euros.
texte source : wikipedia.org
Dans la zone d'impact Les puissants radars du Monge permettent de suivre la trajectoire et la progression du missile. « Notre travail consiste à enregistrer un maximum de données à travers les différentes étapes du vol », explique pudiquement le commandant, se gardant d'exposer les données classifiées de tels tirs. Le dernier d’un missile M51 date du 30 septembre 2015. Ce centième tir stratégique français a fonctionné, le vecteur n'ayant pas explosé au bout d'une minute comme cela avait été le cas en 2013, au large de Penmarc'h. Positionné dans la zone d'impact, le Monge doit s'éloigner de plusieurs milliers de kilomètres de la zone de tir pour suivre l'intégralité de la séquence finale. La somme de paramètres qu'il enregistre est patiemment décortiquée par les ingénieurs chargés de la bonne marche et de la précision du missile.
Suivi de tir Le travail de l'équipage consiste à enregistrer ces paramètres durant les quelques minutes que dure le vol. Et le jour J, mieux vaut être fin prêt et avoir répété les opérations jusqu'à devenir des actions réflexes à cette vitesse de progression de l'arme, qui monte à plus ou moins 100 km d'altitude avant de redescendre et frapper sa cible virtuelle. « Notre travail s'arrête là ». La dissuasion nucléaire reste très cloisonnée. Aucune donnée sur l'efficacité et la précision du tir ne sera rendue aux marins du Monge.
Unique en Europe Le dispositif tel que mis en œuvre par le Monge est unique en Europe, si ce n'est dans le monde, les autres nations nucléaires utilisant plutôt, au lieu d'un navire de mesures mobile, deux stations terrestres pour enregistrer les paramètres de vol. Le dispositif français permet, dans une certaine mesure, de changer de zones de tir et d'observer le comportement des vecteurs dans des contextes différents. Sans maîtrise, la force de dissuasion nucléaire n'est rien. C'est en ce sens que ce grand navire blanc assure un maillon important de la discrète force de frappe française.
200 personnes à bord Armé par un équipage de 175 marins, auxquels s’ajoutent plus de 20 personnels (dont 17 civils) de la Direction générale de l'Armement (DGA), le Monge, avec son double hangar et sa vaste plateforme, peut mettre en oeuvre deux hélicoptères. Initialement conçu pour accueillir deux Super Frelon, le bâtiment accueille plutôt, aujourd’hui, une Alouette III, avec un détachement aéro de 12 personnes qui rejoint le bord pour les missions les plus lointaines. On notera que le Caïman Marine (NH90) y a fait ses premiers appontages en mer, avant l'arrivée des nouvelles frégates multi-missions.
texte source : meretmarine.com
Quelques clichés du bâtiment d'essais et de mesures (BEM).
Marine Nationale colsbleus
Le Monge est, selon la terminologie française, un bâtiment d'essais et de mesures (BEM). Il est classé comme navire collecteur de renseignements. Le Monge est en service dans la Marine nationale depuis le 4 novembre 1992. Ce bâtiment est le seul de ce type dans la Marine militaire française et l'un des rares dans le monde ; seules les marines des États-Unis, de la Chine populaire et de la Russie comptent des bâtiments équivalents. Le Monge, qui tient son nom du mathématicien français Gaspard Monge (1746-1818), a pris la succession du BEM Henri Poincaré, en service depuis 1968. Construit par les Chantiers de l'Atlantique à Saint-Nazaire. Il est armé par un équipage mixte de la Marine nationale et de la DGA (personnel de DGA Essais de missiles). Son numéro de coque est A601; Sa mission principale consiste à se placer au large en mer pour observer avec ses capteurs les essais en vol des missiles tirés depuis le centre DGA Essais de missiles de Biscarrosse (ex-Centre d'essais des Landes), en particulier les missiles balistiques MSBS M45 et M51, mais aussi les missiles nucléaires aéroportés ASMP (et maintenant ASMPA) et certains autres tirs de missiles à longue portée. Il est aussi utilisé pour la surveillance de l'espace (satellites, débris, ISS, etc.) au profit du CNES et d'autres organismes militaires. Il participe occasionnellement à des missions au profit de l'Agence spatiale européenne (lancements Ariane).
Loin d'être le plus connu, le Monge est le deuxième plus grand navire militaire de la Marine nationale. Livré en 1992 par les chantiers de Saint-Nazaire, le bâtiment d’essais et de mesure, basé à Brest, mesure 225.6 mètres de long pour 24.8 mètres de large, son déplacement atteignant de 21.400 tonnes en charge. Et il se remarque de loin avec ses immenses paraboles. Vous voulez énerver le commandant ? Commencez par lui demander si son navire sert à faire du renseignement. « Pas du tout ! ». La mission prioritaire du Monge repose sur les essais en vol des missiles mer-sol balistiques stratégiques (MSBS) et air-sol nucléaires de la force de dissuasion française. En clair, au recueil des données lors des essais de tir de missiles nucléaires par les sous-marins et les avions de chasse de l’aéronautique navale et de l’armée de l’Air. « Et l'on ne regarde que nos propres missiles », assure le capitaine de vaisseau Rémi de Monteville. Le Monge est capable de recueillir toutes sortes de données dans la course des missiles, de leur phase de rentrée atmosphérique à leur point d'impact, dans un endroit tenu secret, dans une zone maritime dégagée. Pas de charge nucléaire évidemment, lors de ce tir, mais un vecteur, de la taille d'une fusée : 12 mètres et 56 tonnes pour le nouveau M51 mis en œuvre par les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de la Force océanique stratégique.
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